05.07.2008

ILS SONT (PRESQUE) UNIS, NOUS NE LE SOMMES PAS DU TOUT!

Il va de soi que, cimentée par de puissants intérêts de classe, la haute bourgeoisie est unie pour en découdre avec le monde du travail. La grande bourgeoisie cosmopolite a trouvé avec son mandataire un petit parvenu qui servira les intérêts d'une classe dont il ne fera jamais vraiment partie. Elle s'en sert tout en vouant à ce personnage endimanché un puissant mépris. Ce phénomène se retrouve dans le fascisme où un pouvoir brutal et sanguinaire s'incarne dans des soudards que le grand capital instrumente en se bouchant le nez.

La petite bourgeoisie est une classe désorientée par le phénomène de globalisation impérialiste, la rapacité des marchés et les phénomènes de concentrations de type monopolistiques. Petits artisans, commerçants, cadres moyens en arrivent à penser que le rouleau compresseur du "capitalisme total" est un danger pour leur survie. Les dispositions de la loi LME, favorable aux grandes surfaces vont saigner à blanc les petits commerces et pressurer d'avantage les petits fournisseurs. L'Etat bourgeois ne fait même plus semblant (loi Galland, etc.) de les protéger. Il sert à ciel ouvert les intérêts de ses commanditaires de la haute finance. Cette classe, comme les "petits propriétaires parcellaires" qui étaient le support social de Napoléon III (MARX, Le 18 Brumaire) n'a pas de cohésion interne et se trouve en porte-à-faux entre le salariat et la grande bourgeoisie. Elle soutient très majoritairement une politique de droite, censée remettre les gens au travail, rétablir des "valeurs" et assurer "l'ordre".

Le camp des salariés est a priori une force considérable : 90% des actifs. Hélas, ces travailleurs manuels et intellectuels sont atomisés au sein du processus de production. Contrats précaires, stages interminables, externalisation, sous-traitance, organisation cloisonnée du travail, horaires décalés, tout est fait pour forger un type d'individu concurrent ce qui retarde et occulte toute prise de concience des enjeux collectifs. Les chaînes de montages sont organisées pour que les travailleurs ne communiquent plus, la vie de bureau tourne autour des rivalités sordides et des choix affinitaires. Chacun lutte pour sa survie et le slogan "même classe même combat" devient inaudible faute, justement, d'une conscience de classe ou même d'un sentiment de devenir collectif. Pourtant le salarié d'aujourd'hui est sommé de vendre bien plus que sa force de travail : il doit se donner corps et âme, avec un enthousiasme forcé et une servitude sans limites à cettre structure totalitaire qu'est l'entreprise capitaliste. C'est la soumission de l'être dans ce qu'il a de plus intime qui est requise à travers une mobilisation générale qui broie les individus comme le montrent les chiffres effarants des maladies professionnelles dues au stress, aux maltraitance au harcellement moral. Une propagande à la Goebells rythme les grands séminaires des grosses entreprises comme des congrès de Nuremberg pour cravates brunes. Privé de sa conscience de classe, de la solidarité de classe, les stigmates de l'exploitation capitaliste (qui, ne l'oublions pas, tue) se transforment en symptômes d'un mal-être qui serait né d'un manque d'adaptation. La victime de l'exploitation la plus brutale en arrive a être culpabilisée par ce qui n'est pas considéré comme un effet de la barbarie capitaliste mais comme un problème psychique. Le système détruit ainsi les plus faibles ("loosers", "inadaptés", "fragiles") et valorise la race des seigneurs, à savoir les plus cyniques et le plus brutaux. C'est un véritable fascisme entreprenorial que nous nous voyons sous nos yeux, apparenté au nazisme par son culte de la jeunesse, de la force et son mépris des faibles et des plus fragiles. Au quotidien, de petits salauds ordinaires, des capos de succursales, des Lacombe Lucien de couloirs font subir à leurs subordonnés une existence d'enfer qu'ils paieront, parfois de leur vie.

Face à cette  fascisation des rapports sociaux, les révolutionnaires et, en particulier les Communistes sont divisées en chapelles inaudibles et farouchement opposées (PCF, URCF, PRCF, Rouges Vifs, Gauche Communistes, Réformateurs, Refondateurs, Huistes...). Ce qui reste du P"C"F est pathétiquement morcelé, en proie au doute, à ce que D. LOSSURDO appelle "l"autophobie". Les militants ne sont plus formés, motivés, portés par une grande et belle Mission historique. On ne leur dit plus que nous avons la tâche exaltante de donner aux exploités les moyens théoriques de devenir conscients de leur exploitation et, partant, sujets historiques, acteurs de l'émancipation du genre humain. Il ne s'agit évidemment pas de se substituer à qui que ce soit mais de jouer, avec ardeur et optimisme révolutionnaires, notre rôle d'avant-garde. Sans ce vrai Parti d'avant-garde qui fait cruellement défaut pour transformer la colère en révolte, le risque est considérable d'assister à un délitement encore plus avancé des solidarités,à une barbarisation des rapports humains et donc à la montée d'un fascisme qui couronnera l'état de putréfaction d'une société devenue une jungle. La "société de marché", celle que casuistiquement Jospin opposait en trompe-l'oeil à l'économie de marché.

Il faut de l'unité, des retrouvailles, de la fierté. Nous portons le seul projet de civilisation : celle d'un être humain réconcilié avec lui-même, sorti de l'âge de pierre du capitalisme, pouvant vivre et exister enfin au sein de relations gratuites et authentiques. Le Socialisme, aujourd'hui dans cette préhistoire bégayante, n'est pas simplement un projet ou un espoir; c'est une urgence vitale.

 

 

ALLONS-NOUS ENFIN PASSER A L'ATTAQUE?

A ceux qui ne s'en seraient pas rendu compte, "nous" avons élu un casseur qui, du sommet de l'Etat accompli méthodiquement son travail de destruction. Sans qu'il y ait -encore- une réaction populaire de grande ampleur, l'actuel monarque quinquennal détruit, divise et oppose.

Il détruit par exemple le code du travail en imposant via son servile et ambitieux ministre Bertrand (avec ses faux airs de Nounours) la flexibilité, c'est à dire l'emploi précaire, le slariat jetable, l'extorsion de la plus-value sous sa forme la plus obcène. Le but recherché est l'atomisation des travailleurs, la mise en concurrence de chacun contre tous, la généralistion de l'angoisse de trouver un emploi couplée (quand on en trouve un sous-payé) à la peur de le perdre. Le travail est devenu, grâce à l'essor de la technique, moins une nécessité économique qu'un instrument d'asservissement, de contrôle,d'humiliation et d'aliénation qui paupérise le salarit et enrichit la bourgeoisie. Face à cette arrogance du pouvoir des nantis au sevice des nantis, nous devons prendre en compte trois phénomènes qui accompagnent cette régression : démobilisation, démoralisation, dévaluation.

La DEMOBILISATION est due au puissant travail de sape mené par les medias aux ordres, véritables "appareils idéolgiques d'Etat" qui imposent la fausse et pernicieuse idée que ces (contre) réformes sont inéluctables, relevant d'un ordre naturel, celui de la globalisation capitaliste. Cette entreprise de la bourgeoisie décomplexée au pouvoir est, hélas, objectivment servie par des syndicats de plus en plus jaunes, pataugeant dans la compromission et la résignation. Face à ces capitualards qui vont à la soupe, il nous faut impérativement un vrai synicalisme de classe à l'heure où la division entre le salariat et le capital  n'a jamais été autant caricaturalement avérée.

La DEMORALISATION est partout, dans tous les journaux, tenus par le grand capital, la télévision,reprise spectaculairement en main et la classe politique de plus en plus veule et impuissante. A quoi bon lutter, se révolter, se batre face à un ordre si écrasant? C'est ce qu"ils veulent nous faire croire en nous innondant du matin au soir de nouvelles dépressives qui donnent plus envie de prendre du prozac que la Bastlle... Face à cette entreprise d'abrutissement, il faut nous réapproprier le "tout est possible" : oui il est possible de bloquer la production, d'occuper les usines, de sauver les sans-papiers des raffles du ministre aux question immigrées. Oui il est possible de frapper ce pouvoir plus vulnérable qu'il n'y paraît et qui a une trouille bleue d'une riposte populaire unissant les précaires, les chômeurs, les exclus, les sans-papiers.

La DEVALUATION consiste à penser que la révolution appartient au passé, que c'est une nostalgie ou une divagation des rêveurs du Grand Soir. Là, le système est puissamment aidé par la social-démocratie et son réformisme plan-plan, si contente d'elle même quand elle remporte quelques mairies et asseoit son petit pouvoir local vassalique avec ses baronnies municipales et ses fiefs régionaux. Comme disait une élue socialiste "je suis de gauche mais sans illusion" (sic). Ils espèrent être un dérisoire contre-pouvoir "de terrain", un hôpital de campagne pour les blessés du carnage social sarkoziste.

En conclusion, face A CETTE DICTATURE DE LA BOURGEOISIE, notre projet doit affirmer la nécessité historique et pratique de la DICTATURE DU PROLETARIAT. Sans elle, comme au Chili hier, en Bolivie actuellement, la classe exploiteuse et prédatrice, de plus en plus cynique et arrogante se cramponne à son pouvoir de classe et se montre absolument prête à tout (coup d'Etat, violence, manipulation...) pour le garder. Et comme elle dispose des moyens de désinformation, son pouvoir est sans limite tant que les travailleurs ne lui auront pas ôté des mains.

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